L’exercice de la feuille blanche.
juin 12, 2025Ta to-do :
- Cette ambiance sonore dure 50 minutes. Tu la lances.
- Lis attentivement le paragraphe ci-dessous.
- Enfin, prend 50 minutes pour toi.
La supériorité n’existe pas.
Comprendre cela met fin à toute forme de comparaison et de compétition vécue. À elle seule, cette déclaration précède l’effondrement de l’ego. Un virage à 180°, un changement définitif de perspective. Le passage d’une perception étouffante et individualiste à une perception collective — c’est-à-dire une vision qui prend en compte l’ensemble plutôt que le fragment de l’ensemble — et libératrice. Il s’agit de le reconnaître et de l’incarner : « Notre façon de faire n’est pas la meilleure, elle n’est que différente. »
Ne cherche pas à être meilleur, car c’est une illusion. Ta nature même est d’être simultanément le tout (l’unité) et le fragment du tout, celui qui permet au tout de faire l’expérience de ce qu’il est et de ce qu’il peut choisir d’être. Je pense souvent que les autres sont des miroirs à travers lesquels nous pouvons nous regarder de millions de manières différentes — tout autant qu’il existe de millions de personnes à rencontrer. C’est pour cette raison que les autres sont importants : ils nous permettent de nous connaître et de nous re-connaître (= connaître à nouveau) sous différents angles.
Mais c’est aussi vrai pour toi : tu es un miroir pour les autres, et surtout, tu es un miroir de Dieu. Dieu se regarde et ne peut se connaître et se re-connaître qu’à travers toi. C’est en cela que tu es important pour lui. Et c’est la seule chose que tu es pour lui : important. Il t’aime inconditionnellement, parce que les conditions n’existent pas, et parce que tu es lui. Et les autres sont tout aussi importants, parce qu’ils sont toi. Il ne peut pas y avoir de « meilleur » lorsque nous ne formons qu’un.
Alors toi, qui es à la fois toi, Dieu et l’autre, aime-toi comme Dieu t’aime, tout autant que tu aimes Dieu : inconditionnellement. Ainsi, tu aimeras les autres sans conditions. L’amour est. Et l’amour est aussi un ciment. L’amour unit. Si nous nous aimons tous les uns les autres, alors il existe une communion dans laquelle nous pouvons communiquer avec le cœur. Le cœur est la vérité. Le mental, lui, peut la déformer cette ultime réalité. Il peut créer des illusions.
Et nous ? Nous ne sommes ni notre tête, ni notre cœur. Tout cela nous a été donné, car rien ne nous appartient. C’est parce que tu te fais, à tort, possesseur de tout, que tu souffres (= que ton mental-ego réagit) et que ton cœur est lourd. Nous, nous sommes ce que nous choisissons d’être. Ce pouvoir (= cette liberté de choisir), nous le donnons au monde (aux circonstances) ou nous le re-connaissons et nous l’incarnons. Sois re-connaissant et alors tout peut changer, car nous pensons ce que nous ressentons, nous ressentons ce que nous sommes, mais nous choisissons ce que nous sommes.
En cela, un travail individuel et expérientiel de re-définition devient essentiel : il consiste à faire le tri entre ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. Il consiste à distinguer tout ce à quoi nous nous sommes identifiés par mimétisme et conditionnement tout au long de notre expérience humaine (Freud), afin d’abandonner ce que nous n’avons plus envie de choisir d’être — ce à quoi nous n’avons plus envie de nous identifier — pour nous laisser suffisamment d’espace pour nous recréer (Parabole de la salle blanche, (p204 à 207) Amitié avec Dieu.
Une grande partie de ce travail consiste à accepter que notre passé ne nous définit pas, mais qu’il nous permet simplement de comprendre. C’est parce que nous croyons être ce que nous pensons — et donc l’entité qui pense (le mental-ego) — que nous croyons ne pas pouvoir choisir qui nous sommes, ou que l’idée même de se redéfinir nous semble illusoire.
Mais ce que tu penses n’est pas ce que tu es. Tes pensées ne constituent qu’une petite partie de toi, et cela ne change rien à ce que tu es derrière tes pensées. Cette petite partie de nous prend souvent trop de place, empêchant la grande partie — notre grand Soi — d’avoir suffisamment d’espace pour s’exprimer librement. Pourtant, cette grande partie existe bel et bien. L’espace nécessaire à son expression se crée grâce au lâcher-prise, et nous lui redonnons la parole en ayant le courage de vivre au sens large.
J’insiste sur le fait que nous choisissons tout le temps, et que tout ce à quoi nous nous attachons nous fait « prendre forme ». Mais cette forme est limitante. Elle te sépare et te fait vivre l’illusion que tu es seulement différent et seul. En abandonnant — en lâchant prise — ce à quoi tu t’attaches depuis peut-être des années et toutes les étiquettes disparaîtront, et tu découvriras ta véritable forme : notre unique forme.
Une forme sans illusion, une entité non divisée. À ce moment-là, la boucle sera bouclée, et tu pourras relire ce texte en comprenant un peu plus que nous ne sommes qu’un. À cet instant, cette lecture ne te paraîtra plus perturbante, mais évidente. Une chose est certaine : l’expérience de la vie est magnifique et ton expérience de la vie est au moins belle.
À l’issue de cette réflexion se présentent à toi deux questions :
- Si tu ne devais plus et ne pouvais plus faire ce que tu fais pour te sentir supérieur ou meilleur, pourquoi tu le ferais ? Vie pro, perso, obligations, projet(s), engagement(s)…
Bien des raisons s’effondreront, et tu découvriras peut-être que certaines d’entre elles ne sont que des conceptions sans véritable sens. Il te reviendra alors de les abandonner, progressivement ou brutalement. C’est derrière ce mur que ce qui t’appelle vraiment t’apparaitra doucement, et que tu feras l’expérience de vivre pour ce que la vie est, et de faire les choses pour ce qu’elles sont intrinsèquement, et non pour ce qu’elles représentent extrinsèquement.
La deuxième question est celle-ci :
- Te sens-tu suffisamment courageux pour danser avec la vie, ou continues-tu simplement à en porter le poids sur tes épaules ?
Aujourd’hui et encore plus dans 3 mois, je ne sais pas comment me positionner vis-à-vis de ce que je viens d’écrire.
On va dire que je le garde dans ma boite à outil.
Source de cette introspection : p112. Communion avec Dieu, Neale Donald Walsh